Une photo Une vie, la mienne

En quelques secondes.

 

Toute une histoire, ma photo de Mr. Fittipaldi a la une du plus grand quotidien du Brésil O Estadao de Sao Paulo. Là où mon fils est né en 1971.

Ce jour là, il avait trois mois et je cherchais du travail pour acheter les biberons et tout le reste.

Je n’avais que mon sac de couchage, mes bottes et mon appareil photo mais j’ai pu obtenir un rendez-vous avec le rédacteur en chef du journal le plus lu à cette époque de dictature militaire, car j’étais français photographe de presse et père d’un brésilien.

L’entrevue fût très sympathique mais hélas il n’avait de place pour moi: ses effectifs étaient au complet dans toutes les rubriques. Je le remercie , le salue pour son accueil et je prends la porte. Direction la sortie de cet imposant bâtiment par une enfilade de couloirs.

Presque sur le seuil j’entends une voie me crier « é francés espera um poco ». Je me retourne  et mon poursuivant me demande de le suivre pour me faire connaitre le rédacteur en chef du service des sports. Il veut me voir tout de suite, c’est urgent.

Un peu essoufflé on rentre dans son bureau et il me tend un télex d’une agence de presse qui dit que le héros brésilien de la conduite automobile, Emerson Fittipaldi, vient d’avoir un accident en France à la sortie de Lyon. Il veut savoir où cela se trouve, si c’est un endroit dangereux, s’il y a de bonnes cliniques et beaucoup d’autres questions car il va préparer un article pour la première page de la prochaine édition du Jornal da Tarde.

Et soudain il me dit  » bon t’es photographe. Tu vas accompagner le rédacteur sportif chez Emerson et tu me fais une bonne photo ». Nous voilà partis dans la périphérie de Sao Paulo, pour arriver devant une grande maison sur deux étages avec jardin, remplie de brésiliens, parents et amis. On nous présente la mère et le père du champion; on me demande ou se trouve Lyon, on m’offre un verre.

Difficile de faire une bonne photo dans cette ambiance. Et puis Wilson nous prend à part et nous demande de l’accompagner dans la salle au sous-sol, là ou son fils a rassembler tout ses trophées. Au mur il y a une photo en noir et blanc d’un accident survenu en course à Indianapolis, sur la droite un abats jour avec une ampoule et Mr, Fittipaldi qui raconte cet incroyable collision.

Çà y est, j’ai la photo au 60° de seconde avec une Trix a 2,8 de diaph. Je suis pas sûr qu’elle soit réussi. Je laisse la pellicule au rédac chef et je rentre au gourbi.

Le lendemain je suis sacré grand photographe de presse…

 

https://drive.google.com/file/d/1Y-PUPjsiiUmrCAJISkfOyGJetUJ-iM9d/view